Green Cats, Babies!

On a tendance à trop parler. On a décidé d'écrire : ceci est notre blog.

Karkwa : un nouvel album et une tournée en Europe dès octobre 2011 !!!

Enfin ! Enfin ! Enfin ! C’est le 17 octobre 2011 que le meilleur groupe de rock francophone va lancer en Europe son dernier bébé, Les Chemins de Verre. Cela fait près de deux années que l’album fait vibrer de bonheur (en mp3, en CD, en vinyl) tout ce qui ressemble de près ou de loin à un haut-parleur dans notre entourage…

On avait assisté à quelques séances d’enregistrement dans les magiques studios de La Frette (à quelques pas de Paris) et c’était quelque chose de fou : dans cet ancien manoir on trouvait une batterie installée au beau milieu du hall d’entrée, des claviers dans le salon, des stocks de guitares dans les chambres, on voyait défiler dans la cuisine les gars du groupe, survoltés, emportés, concentrés dans un mouvement de va-et-vient incessant. Le groupe en ébullition. Créatif, puissant, précis, bosseur. Et terriblement drôle.

Karkwa au Studio La Frette © Loïc Suty

Karkwa au Studio La Frette © Loïc Suty

Karkwa au Studio La Frette © Loïc Suty

Karkwa au Studio La Frette © Loïc Suty

Aujourd’hui, c’est dans un format aussi inattendu qu’audacieux que le groupe sort son nouvel album. Lara Orsal et IVOX ont réuni une joyeuse bande d’indépendants amoureux du groupe pour défendre becs et ongles le projets : une distibution digitale chez IDOL, une distribution physique chez l’Ambianceur, et un soutien des Boutiques Sonores (dont on a régulièrement le plaisir de vous parler sur Green Cats, Babies!), qui proposera Les Chemins de Verre sur le stand de disques que l’on a coutume de voir dans (presque) tous les bons concerts (et notamment bientôt au Novosonic à Dijon, aux Rockomotives à Vendôme, au BBmix à Boulogne, au Pitchfork Festival à Paris…).

A l’heure où l’on se pose inlassablement les mêmes questions vieilles de onze années à propos du marché de la musique, de la place des artistes et des différents corps de métiers qui gravitent autours d’eux, à l’heure où chaque semestre apporte son nouveau business model Crétin3.0 révolutionnaire (levée de fonds auprès de capital riskers gorgés d’illusions à l’appui), qui permettra aux méchantes maisons de disques de perdre leur méchant pouvoir pour donner enfin le contrôle aux gentils créateurs qui n’auront quant à eux d’autre choix que de livrer pour quelques fractions de centimes le fruit de leur labeur à des gentils auditeurs qui ne veulent surtout pas être consommateurs (ça corromprait la pureté de la musique de la payer), tout en permettant quand même à pas mal de monde parmi une web-crowd placeuse de pub display et factureuse de search-marketing perforant et non-inrusif de vivre très correctement quelques mois le temps de prouver la caducité de leurs prétentions, avant de s’enfuir – comme ce qu’ils sont : des voleurs – parasiter d’autres secteurs ; à l’heure – donc – où l’on commence à se poser sérieusement la question de l’intérêt même d’enregistrer des albums tant ils coûtent cher et ne ramènent rien, aussi brillants puissent-ils être, à l’heure où chacun continue d’organiser sa survie au sein du désastre général, où nombreux sont ceux qui décident d’abandonner toute intégrité artistique avant d’abandonner tout court, à cette heure-ci, oui, il est bon de tenter une voie intermédiaire aussi résolument actuelle que celle qu’emprunte aujourd’hui KARKWA en Europe. A ce qu’on peut comprendre de la démarche, il ne s’agît pas de faire un bras d’honneur à l’Industrie Musicale. Quoi qu’en disent les brillants analystes auto-déclarés de la musicosphère locale de Paris, qui savent quand bien même ils n’ont jamais rien fait – facile de ne pas avoir les mains sales quand on n’a pas de main… -, celle-ci ne reste qu’un agrégat de métiers, soit vieillissant, le souffle court et peuplé de vieille gens aux vieilles idées (comme s’il n’y avait que que ça posait problème…), mais elle a une réelle utilité opérationnelle, une réelle fonction, comme de nombreuses entreprises oeuvrant dans les Industries Créatives et ailleurs… Il ne s’agît visiblement pas non plus d’agir comme des punks décérébrés bercés d’illusions sur leurs capacités d’autoproduction, revue à la sauce enfantine et partiale du Direct-to-Fan, non. On dirait qu’il s’agît bien plus de mettre en place de nouvelles méthodes pérennes et effectives, de nouvelles façons d’agréger différentes compétences autours d’un projet pour le mener au succès qu’il mérite. Et c’est une belle preuve de foi en l’avenir et de confiance en soi que de sortir un album de cette trempe de cette façon-là. On se doit de le saluer dignement.

Ah oui, « saluer » en musique, ça ne veut pas juste dire « écouter en se disant que c’est mortellement cool », ça veut aussi dire : « donner du fric ». Alors, munissons-nous de notre plus belle carte de crédit et achetons dès sa sortie Les Chemins de Verre. Mettons-le sur notre iPod, sur notre PC, sur notre chaîne hi-fi et écoutons-le. Et écoutons-le encore et encore : nous saurons vite que les quelques euros que nous aurons dépensé pour un chef-d’oeuvre pareil sont finalement dérisoires à un point qui confine au grotesque.

Les Chemins de Verre est un album superbe d’un bout à l’autre, aussi sauvagement pop que défricheur de nouveaux horizons, référencé autant chez Radiohead qu’Arcade Fire ou Steve Reich. C’est un album profond, riche, d’emblée séduisant mais qui recèle aussi une espèce d’épaisseur enivrante ; le genre d’album au sein duquel on découvre des nouvelles choses à chaque écoute, dont l’instrument, la texture de son ou la phrase qu’on n’avait d’abord pas relevé saute d’un coup aux oreilles avec une évidence singulière ; le genre d’album dont on se met à préférer successivement chacune des chansons (raaaaaaaaah « 28 jours », raaaaaaaah « Le Pyromane », raaaaaaaaaahh « Le Bon Sens », OH WAAAAAAH !!! « L’Acouphène » !!!!…) ; bref : le genre d’album qui vit longtemps et qu’on garde à côté de soi comme un pote pendant des années.

Quelques dragouilles en vidéo :

Le premier titre extrait est Le bon sens, vulgate nécessaire de vieux poète posé le cul sur son banc à regarder notre joyeux monde s’astiquer le bout en financeries superbement sophistiquées mais trop souvent sans fond.  Le morceau pose la question sans âge de l’absence de téléologie boursière (en gros : pourquoi déployer tant d’intelligence et de talents pour au final faire de la merde ? ), sur fond de basses sauvages et d’arpèges subtils tissés dans une production aussi brute que débordante de finesse. On trouve aussi dans ce titre l’une des strophes les plus marquantes de l’album, aussi dépouillée d’atours que directe de sens, et que l’on pourrait se fredonner tous les matins, dérisoires et ironiques mais plein d’espoir : « D’ici c’est difficile de voir le paradis ».

KARKWALes Chemins de Verre

Sortie le 17/10/2011 (IDOL / L’Ambianceur / Les Boutiques Sonores)

Karkwa, tournée européenne 2011 :
8/10/2011 : La Laiterie, à Strasbourg
19/10/2011 : La Péniche, à Lyon
21/10/2011 : L’Abordage, à Evreux
24/10/2011 : Le Windmill, à Londres
25/10/2011 : Le Haunt, à Brighton
27/10/2011 : Le Minotaure, à Vendôme (Rockomotives)
03/11/2011 : Le Divan du Monde, à Paris, Festival des Inrocks
04/11/2011 : Amsterdam
05/11/2011 : Copenhague
06/11/2011 : Rees-Haldern
09/11/2011 : L’Usine, à Genève
11/11/2011 : Le Tipi, à Liège
12/11/2011 : Le Botanique, à Bruxelles

A noter : on avait rencontré les Québécois lors de leur dernier passage parisien, le lendemain de leur première partie d’Arcade Fire au Zénith. Voici le fruit audio de notre discussion…

[+]

karkwa.com

Studios La Frette : faces.fr

lesboutiquessonores.com

lambianceur.com

idolweb.fr

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