Assister à un concert de PNEU est une expérience qui reste en mémoire longtemps. Le groupe s’installe hors de la scène dans la fosse, paraît s’excuser de déranger, dit bonjour, prend une respiration… et envoie le boulet pendant 45 minutes, entouré d’une arène humaine liquide, composée de jambes danseuses transies, de sourires béats, de hochements de têtes et de regards pénétrés qui disent un continuel "Yeeeeeeeeeeeeeeah!" de bonheur. Jouer dans les gens, c’est drôle, cool et ça permet de briser quelques habitudes (la scène, les retours, le public devant, en dessous…). Pour moins s’emmerder, peut-être.
"Moins s’emmerder", on pourrait croire que c’est le credo de PNEU. Musicalement surtout ; ce dont on est convaincu à l’écoutre de ce Highway To Health (à paraître le 29.03.2011). Punky, très mathrock, minutieux, précis, techniquement assez coton mais terriblement efficace, le langage de PNEU se révèle être très peu commun – mais limpide. A de rares exceptions près, PNEU n’est qu’instrumental, rechigne à adopter des structures en couplets-refrains répétitives pour se contenter de livrer une musique simplement géniale de brutalité, de beauté et d’étrange évidence. On pourra souvent tenter un rapprochement avec Monotonix, surtout sur Knife Fight, qui révèle très nettement le cousinage latent avec le groupe de Tel Aviv (lui-aussi punky intrusif et tout aussi indispensable, et qui ne joue jamais non plus onstage). PNEU et Monotonix ont en commun cette généalogie animale de l’énergie. Mais là où les Israëliens ont coutume de chanter leur Body Langage rough et décomplexé, PNEU le joue sans bavardage, laissant guitare et batterie s’exprimer sèchement. Le son de PNEU est un poil plus brillant, plus tortueux. Les compositions plus complexes. Et l’approche, globalement, est beaucoup plus geek… Et c’est bon. Très, très bon. Ce Highway To Health est est à l’image du riff furieux et speedé qui vous chope au milieu de ‘Batatanana’ : une pure claque.
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Ça cartonne !!